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lundi 19 mai 2008

Quand un "révolutionnaire" devient le chouchou des médias

publié par Quentin à 20:14


Besancenot chez Drucker, c'etait l'image de la semaine dernière. Umberto Eco en serait complètement baba : un révolutionnaire peut faire la révolution avec l'accord de la maréchaussée ; mieux, on peut même lui dérouler le tapis rouge un dimanche midi sur un plateau de télé. Et pas n'importe lequel. Vivement dimanche, c'est LE rendez-vous hebdomadaire que la France ne rate jamais, même s'il sert juste de fond sonore.
Ce qui est bien, c'est que tout le monde est gagnant ; le questionnement politique, indigent au possible, ne risqua pas de bouter le facteur, chouchou des médias, hors des sentiers battus ; FR2, eux, ont compris que le pseudo trostko-prolo-anti-capitalitico-internationalitico-revolutionnaire séduit. En voilà une affaire qu'elle est bonne.

"D'un calme Olympien", le facteur a bien récité sa leçon. Face à un public de moutons écervelés totalement acquis à sa cause, la nouvelle star de la politique a débité consciencieusement tout ce que tonton Krivine lui a appris. Quant aux incohérences caractérisées de son discours, il eût suffit un journaliste sérieux pour les lui renvoyer à la face. Mr. l'Internationaliste devant l'éternel acheva de nous expliquer que sa volonté première était de revaloriser la condition des travailleurs français, tout en faisant en sorte de préserver leurs acquis sociaux. Rewind. Internationaliste ; protection des travailleurs français... Tout ceci mérite quand même une explication.

Comme de nombreux observateurs de la scène politique française l'ont très justement remarqué, lorsqu'un prétendu révolutionnaire - censé être la pour déranger et bousculer l'ordre établi - devient d'un coup d'un seul le chouchou du système politico-médiatique, c'est qu'il faut commencer à se méfier.
Par exemple ; Besancenot, qui est un type très émotif, est particulièrement sensible à la cause des sans-papiers (comme tout le monde en fait.) Il se définit même comme un "citoyen du monde". Or, tout le monde sait que cet Internationalisme exarcebé n'a plus aucun sens aujourd'hui, à l'heure de la mondialisation libérale. Prôner des régularisation massives, c'est ne pas être conscient d'un phénomène économique très commun, le dumping. La réalité, c'est que ces sans papiers seront exploités et utilisés par le patronnat afin de tirer les salaires vers le bas.

Si Besancenot est chouchouté, c'est que sans s'en rendre compte, il est à la botte du Medef. L'aubaine. Ils en tiennent un bon "d'idiot utile".

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3 commentaires:

À 23/05/2008 18:51 , Anonymous Anonyme a dit...

Au risque d'être cassant, il y a Besancenot, l'idiot utile qui récite la leçon de Krivine, et il y a le rédacteur de l'article qui récite la leçon d'Alain Soral sur Besancenot...

Mais par contre, bonne continuation our ce blog, il y a vraiment des choses interressantes à côté. Je suis juste passablement ennervé par les pro-Soral qui deviennent des adeptes manicchéens de sa façon de voir.

Internationalisme et protection des travailleurs, c'est incompatible? Vous en êtes sûrs?

L'incohérence e Besancenot (et de Soral) ne se situe-t-elle pas à un autre niveau, celle de se faire le pourfendeur de la cause des travailleurs du secondaire, espèce en voie d'extinction en Europe (avec ou sans mondialisation d'ailleurs)?

 
À 23/05/2008 20:47 , Blogger Quentin a dit...

Salut Wean.
Non, les arguments de Soral ne sont pas ici assénés bêtement. Ils sont le fruit d'une certaine réflexion, amorcée il est vrai, par les critiques dont Besancenot a été sujet. Ce qui est dit là, Soral le dit, certes. Mais il y en a aussi d'autres.

 
À 31/05/2008 01:22 , Anonymous Anonyme a dit...

Je suis sympathisant de la LCR sans avoir jamais adhéré. Certes je fais parti des comités de création pour un Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

J'ai remarqué que Besancenot récite en effet par coeur des textes, avec quelques passages d'impro pour "coller" au lieu du meeting.
Mais je pense pas qu'il soit foncièrement mauvais ou de mauvaise foi.

Pour ce qui concerne l'internationalisme et son contraire, c'est pour ne pas effrayer le Français lambda qui pense tout d'abord à sa situation avant de se préoccuper de celle des autres. Donc on peut dire que le Facteur de Neuilly essaye surtout de faire adhérer ses idées à la population.
Mais c'est vrai qu'il raisonne un peu à l'envers. L'internationalisme serait plus utile si les Chinois ou les Thaïlandais obtenaient de vrais droits sociaux permettant à la fois de donner une dignité à ces travailleurs qui nous font les chaussures et les T-shirt. Mais aussi à arrêter la course au dumping social et au nivellement des acquis sociaux par le bas au nom de la quête des prix les plus bas.

C'est ça qui manque au discours mais j'espère que ça s'arrangera :P

 

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