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mercredi 14 mai 2008

La République se meurt...

publié par MaX à 23:01

Bien qu’étant un fils de soixante-huitard convaincu des bienfaits de la révolte de son père, le sujet me parait tellement épuisé par la presse, par les écrivains, et par tous ceux qui se sentent l’âme à donner leur avis sur la question que je pense qu’on peut clairement se passer du mien.

Ainsi, en s’attachant à nous saouler avec Mai 1968, on occulte un autre anniversaire majeur qui est celui de 1958, de l’arrivée de Charles de Gaulle au pouvoir et la naissance de la Vème république… la GRANDE Vème république ! On passe tant de temps à s’agenouiller devant la stabilité qu’elle procure qu’on fait impasse sur ses défauts flagrants (je tiens à préciser que mon article n’a pas pour but de démonter un système qui a tant apporté à la France mais de pointer du doigt ses contradictions conceptuelles et pratiques).

En effet, dans cette Constitution, le président devient la « clé de voûte des institutions ». On a donc opéré à une inversion de la hiérarchie et réduit le parlement à une sorte de table d’enregistrement des directives du gouvernement (sauf, bien sûr quand ce dernier, comme c’était le cas hier, n’a plus la confiance de sa propre majorité) alors que précédemment il était tout. Ainsi, le système parlementaire, par essence le plus représentatif de l’opinion est mis doublement à mal ; premièrement car il est mis dans l’ombre d’un pouvoir exécutif considérablement renforcé, deuxièmement du fait que le suffrage parlementaire est majoritaire qui réduit la représentativité du parlement, et particulièrement celle des petits partis. On voit donc, sur le fond, apparaître des contradictions évidentes.

Après avoir énoncé ces banalités dont on est tous conscients, il faut en venir au plus inquiétant qui est sûrement la manière dont ce pouvoir présidentiel est exécuté. Il est de fait important de citer l’autoritarisme militaire du général de Gaulle, ainsi que la manière dont François Mitterrand s’en est servit pour réaliser ses désirs les plus personnels, notamment la construction de la Pyramide du Louvre qui fut en fait un cadeau à Anne Pingeot. Enfin, il est difficile de ne pas citer Nicolas Sarkozy qui se pose en monarque et applique sa signature et sa volonté sur chacun des sujets abordés, au point que l’on se demande s'il ne cumule pas le poste de Président avec celui de Premier Ministre.

De fait, 50 ans, on peut se demander si c’est pas trop non ?

Regardons les choses honnêtement : On aune élection présidentielle tous les cinq ans immédiatement suivie de l’élection législative qui donne à peu de choses près le même résultat. On a une élection municipale intermédiaire qui au final n’intéresse pas plus de 60% des électeurs. Résultat, une vie démocratique qui fonctionne vraiment une fois tous les cinq ans, qui laisse place à une incompréhension générale des actions gouvernementales ; une déconsidération générale par les Français de ce que l’Etat peu leur apporter pour donner la voix à des : « Toute façon j’en ai marre, je paye trop d’impôts » ou encore « Le problème principal c’est l’immigration et la sécurité » voire même « Il en est assez de la voyoucratie ». Conséquences : Le Pen, 2002, 2ème tour et une politique qui se rapproche de la politique spectacle à l’américaine, qui mise autant sur la forme que sur le fond, pour nous donner un Sarkozy sur-éxité mêlant bêtise médiatique et omniprésence politique…

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1 commentaires:

À 15/05/2008 21:16 , Blogger Kilian a dit...

Comme nous le montre très bien la photo de sarko sur l'article : La république penche a droite.

 

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