LeMegaphone.net : Actualité, Débat, Polémique


samedi 17 mai 2008

"Nous ne sommes rien, soyons tout" De quoi le communisme est-il le nom ?

publié par MaX à 12:15

Au jour où communisme est synonyme de barbarisme, de régime totalitaire, il m’a semblé nécessaire de réhabiliter ce mot, cette idée. En effet depuis que la terrible dictature totalitaire que fut le régime dit « communiste » d’URSS est apparue aux yeux du monde, l’idée communiste porte le fardeau du terrible bilan de ce système criminel. Or, ce Système si souvent appelé communiste n’a en fait que peu de lien avec l’idée, avec le concept et avec ce que représente en soi le communisme. Ce qui s’est déroulé en URSS ne fut qu’un changement sur le plan économique et social couplé d’un endoctrinement intellectuel à la gloire du régime en place plus qu’au concept communiste.

Cette précision étant faite, il est temps de lever le voile sur la domination intellectuelle qu’opère le capitalisme aujourd’hui. En effet le capitalisme s’est imposé peu à peu à tous comme « l’horizon indépassable de notre temps », ce à quoi l’humain et l’humanité ne peuvent échapper, et le discours néo-libéral est le nouveau leitmotiv de ce cloisonnement de la pensée. Il existe donc une forme de consensus quasi-universel sur la probité de ce système qui, pourtant, après analyse est plein d’incohérences pour l’homme et pour la pensée. De fait, qu’est ce que le capitalisme à part la lutte de tous contre tous incarnée par la concurrence ? La sacralisation du profit ? L’extrême division du travail au point que la tâche de l’homme est compartimentée ? L’individualisme égoïste poussé jusqu’au délitement du corps social ? Ou encore la considération que les inégalités sont nécessaires au bon fonctionnement du système ?

Le but n’étant pas d’opérer à une dénonciation du système capitaliste mais de montrer que le capitalisme n’est pas une fin en soi et, pour l’humanité, qu’il y a une alternative et qu’un autre système de société est possible, système que le communisme incarne. En effet doit-on se résigner devant les inégalités ? Doit-on se dire que la séparation du travail intellectuel et du travail manuel est nécessaire, plus clairement, ne peut-on pas être un ouvrier et un intellectuel à la fois ? L’hypothèse communiste définit donc comme une alternative à cela, voir même comme un renversement. C’est une société où l’homme n’est pas dicté de bout en bout par ses intérêts personnels, une société ou l’homme est capable de désintéressement, une société où l’homme peut être polyvalent… Une société communiste est donc une société altruiste, non pas que chaque homme ne doit plus vivre par soi-même, mais chaque homme ne doit plus vivre que pour soi-même. De fait, il y a une relation dialectique (de communication, de va et vient permanent) entre l’individu et la société, une relation dialectique plus profonde que le simple couple impôt/redistribution.

Ainsi, le communisme n’est pas, comme cela s’est produit en URSS un simple changement de mode de fonctionnement économique, c’est une profonde refonte morale et intellectuelle de la relation entre l’homme et le groupe. C’est penser la rupture avec le caractère fondamentalement égoïste et mercantile de la société capitaliste. De fait, le communisme ne peut être seulement le fruit d’une révolution violente –et à mon sens il ne doit pas l’être du tout-, il doit être le fruit d’une prise de conscience globale de la société de ses propres contradictions. Et c’est en cela que le communisme est une utopie, une idée. Toutefois, une « idée » au sens de Platon ne meurt pas et demeure éternellement.

Je crois donc qu’il est nécessaire de garder cette « idée » au cœur de notre réflexion politique, non pas pour tomber dans l’inaction et l’attente éternelle d’un Grand Soir qui n’arrivera probablement jamais, mais pour agir, pour tenter de tendre vers cela. Je reprendrai donc la célèbre phrase de Bernstein : « La reforme aux profits de idéaux de la révolution » ainsi que ce célèbre passage de l’Internationale « Nous ne sommes rien, soyons tout ».

Je n’espère pas vous avoir convaincu par mon raisonnement, j’ai seulement tenté de vous faire part du peu de clés dont je dispose et qui vous permettront d’engager une réflexion plus profonde sur un concept qui a traversé plus d’un siècle, qui a fait rêver tant d’hommes, et qui de fait ne peut être enterrée avec la chute d’un mur…

Libellés : ,


4 commentaires:

À 17/05/2008 17:27 , Anonymous Anonyme a dit...

Tout ceci est merveilleux mais comme toute idéologie, le communisme est inadaptable à la complexité de la réalité humaine. Comme toute idéologie elle se borne à une pensée pure et idéale qui ne pourra jamais se retrouver dans une réalité trop flexible. Comme toute idéologie de l'homme elle propose l'avènement d'un homme nouveau en détruisant l'homme ancien car elle ne voit qu'un homme et non sa diversité: le communisme est une pensée inapplicable comme l'a montré l'URSS ou les pays du sud-est asiatique (plus de 100 millions de mort, l'idéologie la plus mortifère de l'humanité...). Si elle n'a pas été suivie à la lettre c'est qu'elle ne peut tout simplement pas l'être. Enfin, elle n'a souvent été qu'un moyen de faire rêver des hommes déçus ou en marge du système afin de promouvoir la prise du pouvoir d'un seul ou d'un groupe.
Ce n'est pas parce qu'une idée ne meure pas qu'on doit la faire vivre ! Enfin, ce discour naif, nourri des lectures de vulgarisation et de citations banales et, qui plus est, mal comprises, de phrases à l'emporte pièce et d'une rhétorique de l'avant-guerre montrent bien qu'effectivement, le communisme est mort...

 
À 17/05/2008 18:58 , Blogger MaX a dit...

Premièrement il est difficile de répondre tant ta rhétorique est chevronnée et tant ce que tu dis est juste.
J'admet que lors de la rédaction de mon article je me suis enfermé dans un discours apologétique alors que mon but principal, ou mon but d'origine était plus de décrypté ce qu'était vraiment cette "Utopie" pour le dire comme çà. Pour cette erreur je m'accorde la bêtise du débutant et je l'assume complètement :)
Deuxièmement, en ce qui concerne la complexité de l'homme que tu met en valeur peut être traiter et considérer en dehors du capitalisme, car justement à travers la dénonciation de la division du travail le communisme tente de mettre en valeur cette complexité et cette multiplicité de l'homme. De plus lorsque tu dis: "elle propose l'avènement d'un homme nouveau en détruisant l'homme ancien car elle ne voit qu'un homme et non sa diversité" je pense que justement l'homme ancien ou l'homme capitalisme dans ce raisonnement est justement l'homme cloisonné dans ses intérêt particuliers ce qui l'empêche de s'épanouir dans la diversité de son être.
Troisièmement, en ce qui concerne les crimes des régimes se réclamant du communisme je te rejoint complètement, notamment en ce qui concerne l'utopie de l'homme nouveau qui a été mise au profit de massacres par Les Khmers rouges notamment.
Pour finir, et ce n'est pas pour me justifier mais plus pour te confirmer; je suis effectivement jeune, j'assume mon questionnement permanent sur l'odre idéologique et politique de nos sociétés contemporaines, et j'assume également le fait que je ne dispose pas de toutes les clés pour décrypter tout le sens des pensées que je consulte. Toutefois je m'accorde tout du moins la tentative de compréhension de ce que le communisme représente et si tu es capables de me dire en quoi j'interprète mal mes lectures j'en serait ravis.

Mise à part çà tu aurais pu faire l'effort de ne pas rester anonyme c'est très frustrant pour moi :P

 
À 31/05/2008 01:48 , Anonymous Anonyme a dit...

Je sais pas si je vais être complet mais bon...
Tout d'abord, le communisme n'aurait jamais dû être appliqué au XXème siècle.
En effet, Marx avait annoncé que le communisme était la dernière étape quand le capitalisme ne fonctionnerait plus (mégamonopole, marché mondial saturé, etc...).
Les pays où un début de "dictature du prolétariat" ont été appliqué ont connu que massacre et régime bancal...
La Russie tsariste, comme la Chine, Cuba, le Cambodge, la Corée du Nord et d'autres n'étaient que des pays agricoles sous-développés (enfin moins développés, j'ai pas envie de me faire frapper).
Les tentatives d'instaurer des régimes communistes ont donc échoué...
Le communisme est donc un système néo ou post-capitaliste, utilisant tous ce qui a été créé pour l'utiliser de manière collective et plus juste, sans la maximisation du profit comme but ultime...

D'où le discours guerrier avec une révolution qui versera du sang car des richesses énormes seront contrôlées par un tout petit nombre de personnes...

Et maintenant que le Net existe, entre autre, la gestion d'un tel système, sans passer par une bureaucratisation, pourra exister.
Mais on en est pas encore là...

PS : Ça fait beaucoup de points de suspension...

 
À 05/06/2008 14:51 , Blogger MaX a dit...

Mwai, en fait je suis pas vraiment convaincu par ton argumentation, simplement du fait (et je l'éxplique bien dans mon article) que je n'arrive pas à me résoudre à considérer le communisme, simplement dans un ordre économique.

Ce que tu dis est plutôt juste néanmoins, selon moi, tu néglige tout un aspect du concept et de l'utopie. La ou je ne rejoints par Marx, c'est principalement quand il est convaincu que la révolution idéologique découlera de la révolution Idéologique et sociale; alors qu'à mon sens, c'est le contraire qui doit se produire.

Bref. :)

 

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

<< Accueil