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mercredi 14 mai 2008

L'incroyable leçon de paix d'Avraham Burg

publié par Quentin à 23:23

Il est des paroles qui prennent une certaine importance lorsqu'elles sont prononcées par ceux que l'on attend pas. Que l'on soit sioniste ou antisioniste ; pro-israélien ou pro-palestinien, on ne peut rester insensible au témoignage de l'ancien Président du parlement israélien, la Knesset, de l'Agence juive et de l'Organisation sioniste mondiale, Avraham Burg.
Qu'on se le dise, la parole de ce dernier est d'autant plus importante qu'il est l'une des plus grandes figures politiques israéliennes de ces vingt dernières années, et qu'il connait le conflit israélo-palestinien sur le bout des doigts. Bref retour sur le parcours d'un pacifiste dans l'âme.

Avraham Burg naît le 19 Janvier 1955, à Jérusalem. Fils de Yosef Shlomo Burg, homme d'Etat israélien et membre du Parti religieux national jusqu'à sa mort en 1980, Avraham Burg s'engage et milite pour le Shalom Archav (La Paix Maintenant), groupe extra-parlementaire revendiquant la paix israélo-arabe, après avoir servi les troupes parachutistes de Tsahal.
Nommé conseiller de Shimon Peres en 1985, puis élu à la Knesset en 1988 sur la liste du Parti Travailliste, il quitte la vie politique pour se consacrer à de nouvelles fonctions, avant de revenir sur les devants de la scène en tant que Président de la Knesset en 1999.
C'est en 2003 qu'il défraie la chronique en publiant dans le journal Yediot Aharonot, un article intitulé "La révolution sioniste est morte".
Il se retire définitivement de la vie politique israélienne en 2004, avant de s'exiler en France et de parcourir le monde afin de donner de multiples conférences. Il obtiendra d'ailleurs la nationalité française en 2007.

Dans un entretien publié en Juin 2007 par le journal Haaretz, Avraham Burg critique l'Etat d'Israël, le qualifiant de "ghetto sioniste".

Publié dans Le Monde, le 10-06-2007

Avraham Burg, ancien président du parlement israélien, ne tire plus la sonnette d’alarme. Il estime que c’est trop tard pour Israël : il compare dans le quotidien Haaretz l’état de xénophobie de la société israélienne à celui de l’Allemagne lors de la montée du nazisme. Et il conclut "Nous sommes déjà morts".

"Avoir défini l’Etat d’Israël comme un Etat juif est la clef de sa perte. Un Etat juif, c’est explosif, c’est de la dynamite." Ces propos sont ceux de l’ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l’agence juive, Avraham Burg.

M. Burg n’a jamais mâché ses mots, mais, dans un entretien publié vendredi 8 juin dans le quotidien Haaretz, ce politicien reconverti dans les affaires va jusqu’à qualifier Israël, pays qu’il a quitté pour vivre en France, de "ghetto sioniste". Il considère qu’il est temps de dénoncer la théorie de Théodor Herzl, estimant qu’après la création d’Israël, le sionisme aurait dû être aboli. Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense d’un Etat juif démocratique, il indique : "C’est confortable, c’est sympa, c’est de la guimauve, c’est rétro. Cela donne un sentiment de plénitude, mais c’est de la nitroglycérine."

Auteur d’un livre, Vaincre Hitler, cet ex-pilier du mouvement pacifiste "La Paix maintenant "envisage de remettre en cause la loi du retour qui permet à tout juif de venir vivre en Israël. Il estime que cette loi est "le miroir de l’image d’Hitler" et "je ne veux pas qu’Hitler définisse mon identité".

Ce militant du dialogue avec les Palestiniens qualifie la société israélienne de "paranoïaque", pense que "la clôture de séparation procède de cette paranoïa" et s’insurge contre "la xénophobie". Il constate que "de nombreuses lignes rouges ont été franchies au cours des dernières années". Il y a, selon lui, "de bonnes chances que la prochaine Knesset interdise les relations sexuelles avec les Arabes. Nous sommes déjà morts mais nous ne le savons pas encore. Tout cela ne marche plus".

M. Burg compare l’état de la société israélienne à l’encontre des Arabes à celui de l’Allemagne lors de la montée du nazisme, mettant en avant "le caractère central du militarisme dans notre identité. La place des officiers de réserve dans la société. Le nombre d’Israéliens armés dans les rues. Où va cet essaim de gens armés ? Ils disent publiquement "les Arabes dehors !".

Se définissant comme un citoyen du monde, il qualifie l’occupation de la Cisjordanie "d’Anschluss" et prédit "une explosion sans fin". Et de conclure : "La réalité israélienne n’est pas excitante, mais les gens ne veulent pas l’admettre. Nous sommes au pied du mur. Demandez à vos amis s’ils sont sûrs que leurs enfants vont vivre ici. Au maximum, 50 % diront oui. Autrement dit, l’élite israélienne est déjà partie, et sans élite, il n’y a pas de nation."

Michel Bôle-Richard Article paru dans Le Monde l’édition du 10.06.07.





CSOJ - D'autres voix pour Israël
envoyé par PolEtTique

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