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vendredi 30 mai 2008

Société de consommation ou de restriction.

publié par MaX à 18:00

La société libérale dans laquelle on vit par défaut est basée sur un principe simple, qui à lui seul lui donne toute sa légitimité : c’est la liberté, ou plutôt le fait de pouvoir vivre, de pouvoir mener notre vie comme bon nous semble. Ainsi, la liberté devient en quelque sorte le fondement, le pilier, qui permet de donner à l’édifice sociétal un sens, qui permet d’avoir un repère, nécessaire à la vie en communauté. Bien entendu, cet horizon libéral, libertaire, qui laisse l’homme maître de son destin et de la manière dont il souhaite mener sa vie a amené un certain nombre de dérives, considérées naturelles, dont la plus importante, analysée pour la première fois au milieu du XIXème siècle par Alexis de Tocqueville, est sûrement l’individualisme pathologique. On a longtemps décrié cet individualisme qui prend souvent le pas sur les bienfaits communautaires tels que la convivialité ou encore la solidarité, néanmoins ici n’est pas le cœur du sujet, Marcuse restera au placard pour le moment.

Ce qui me fait monter au créneau, ce sont les évènements actuels, qui trahissent néanmoins une certain tendance qui devient de plus en plus structurelle, depuis que certains ont enfin réussi à enterrer la ferveur libertaire de Mai 68. En effet, il est complètement révoltant de voir notre gouvernement tenter de supprimer les Happy Hours. En ce qui concerne les Happy Hours elles mêmes, je pense que nous nous accordons tous à dire qu’elles sont en aucun cas une porte ouverte aux alcooliques, elles sont seulement un moyen, pour les commerçants, de combler les heures creuses, et pour les jeunes et moins jeunes, de passer un moment convivial autour d’un verre à prix réduit. Ce qui est d’autant plus révoltant, c’est que cela va dans le sens général qui tend vers une société de restriction, une société où les excès ne sont plus tolérés, ou chacun se doit d’être saint de corps, et d’esprit. Pour la seconde catégorie je vous renvoie aux articles de Quentin qui mettent bien en exergue les abus du politiquement correct, de la diabolisation et le terrorisme idéologique. Toutefois, pour la première, cela se voit de plus en plus, notamment avec les interdictions de consommer du tabac qui se multiplient, la diabolisation de plus en plus démesurée du cannabis et la constante phobie face à la montée des drogues plus dangereuses qui restent pourtant rares.

De fait, toutes ces tentatives de privation, tant par les actes que par la domination idéologique de la bien pensance souvent d’origine judéo-chrétienne, nous mènent où ? Je me le demande : si le but est d’anéantir le folklore, les gens marginaux, voire simplement la possibilité contrôlée ou non d’aller dans l’excès, pour atterrir dans une société restrictive où chacun devra limité son activité à ce qui est toléré par la "conscience collective", n'est pas un appauvrissement?

N’allez pas croire ici que je fait l’apologie d’une société de Sex, Drug & Rock’n Roll, toutefois, je m'élève contre l’excès de restriction et la tentative implicite de nous faire revenir à une société de Sainte Marie Nitouche, sans excès et sans démesure… ce qui pour moi, consisterait à une dégradation de la diversité et du Folklore de notre société relativement cosmopolite.


7 commentaires:

À 31/05/2008 01:12 , Anonymous Anonyme a dit...

Perso, je me demande si ce ne serait pas une diversion, encore une, pour détourner l'attention sur les vrais problèmes.

Je veux pas faire dans la théorie du complot mais bizarrement quand le gouvernement est en difficulté, il se focalise sur le tabac (encore) et surtout l'alcool depuis exactement le week-end de la Pentecôte et encore un fait divers avec les collégiennes torchées en cours.

Et vu que le Nain et son gouvernement ont la vue très très courte, ils foncent tête baissée en annonçant 2-3 mesures inutiles et liberticides pour montrer qu'ils agissent.

Comme d'habitude depuis le 6 mai 2007. Et avant pour l'ancien ministre de l'intérieur...

 
À 03/06/2008 02:03 , Blogger Sylvain a dit...

Je voudrais juste dire que je suis d'accord avec cet article. Mais je voulais préciser aussi que parfois, les "libertaires" diabolisent les croyants et leurs valeurs (auxquelles je n'adhère pas, je précise).

J'inviterai à cet égard, de lire les livres de Levi-Strauss.

 
À 05/06/2008 12:59 , Blogger Popow a dit...

Article bien écrit, c'est plaisant à lire et l'idée directrice me comble. Passons sur la référence à l'individualisme et à mon cher Tocqueville puisque tu as eu l'intelligence de ne pas creuser ce point ;).
Tu as parfaitement résumé la tendance actuelle selon moi et ce qu'on nous propose depuis un bon bout de temps maintenant (et je ne me limite pas à pointer du doigt Sarkozy et ses sbires). On se dirige vers une société de paranoïaques digne d'un roman de science fiction à la P.K.Dick (formidable personnalité).
Plus personnellement, j’ai peur de cette société fascisante et de l’absurdité grandissante de nos représentants politique. J’entends représentants au sens large et dénonce les Kapos de droite mais aussi les roquets de gauche. Tout cela ne nous mène à rien et j’ai l’impression de voir un mauvais sketch des guignols à chaque intervention. A quand un vrai courant, non élitiste agissant avec humilité et ouverture d’esprit ? Utopie ? Pourtant c’est l’image que chacun d’entre eux cherche à se donner.
Je m’égare, je ne vois néanmoins aucune perspective d’amélioration et ce même à long terme. On va tout droit à la « cata » et concernant la société « sex, drugs and rock’n’roll », je pense sincèrement qu’elle tiendrait plus debout que cet espèce de « monstre peureux et moralisateur » qui nous bouffe petit à petit.
Pour une société punk, tapez 1 !!
Ps : ‘ l’individualisme qui prend souvent le pas sur les bienfaits communautaires tels que la convivialité ou encore la solidarité ‘. Je ne sais pas s’il s’agit de ton opinion mais attention à ne pas oublier l’egoïsme de groupe. Une personne agissant “en société” aurait, selon moi, d’avantage tendance à exclure certaines catégories de personne. Un homme seul agit selon ses propres convictions et en théorie (seulement) il ne crache que sur des personnalités incompatibles, par manque d’affinité donc. De plus, les gens ont souvent tendance à attendre qu’une idée soit répendue au niveau du groupe pour enfin agir (pour moi, l’exemple flagrant est celui de l’écologie, tout le monde commence à se sentir préoccupé aujourd’hui mais soyons clair, y’a quelques temps presque personne n’en avait rien à foutre).
A Ciao bon dimanche

 
À 05/06/2008 14:38 , Blogger MaX a dit...

Attention, je n'ais pas dit les bienfaits du communautarisme mais de la communauté et de la société. La Convivialité et la solidarité ne découlent pas forcement du replis sur sois d'une partie de la poppulation. Enfin bref, c'est pas le débat, et je suis en ce moment en train de lire plusieurs bouquin là dessus, je vous pondrais un article mieux documenté quand je serais mieux au fait de la chose :)

 
À 06/06/2008 21:42 , Anonymous Anonyme a dit...

La liberté s'arrête là où commence celle des autres.
C'est inscrit dans la constitution, et donc également dans notre morale collective. Il est donc à ce sens normal que certaines restrictions viennent entacher cette belle liberté qui nous est promise (due ?).
De plus, qu'est-ce que la liberté ? Le droit de choisir le chemin de sa propre vie ou tenter de vivre en société à l'aide de compromis, afin que chacun puisse disposer d'une petite parcelle de liberté ? C'est pour cela que les lois encadrent la vie de chacun de nous, et ces restrictions nous défendent de celles que l'on aurait pu connaître si l'on faisait partie des "dommages collatéraux". Cf les interdictions de fumer dans les lieux publics. Bien qu'étant fumeur, je reconnais le droit des non-fumeurs à vouloir conserver l'état de leurs poumons tout en restant avec leur cercle de connaissances.
En ce qui concerne l'interdiction des open bars et autre happy hours, force est de constater que l'alcoolisme adolescent atteint un point affolant. Il n'est pas rare d'observer des bandes de jeunes profiter d'happy hours pour faire un "before", prélude à une nuit d'ivresse. De plus, les open bars ne sont pour ainsi dire qu'une incitation à l'alcoolisme, tant le but de cette offre est cadrée, aspect renforcé par le sponsoring effréné de fabricants de boisson. Autre qu'une mesure de salut public, c'est également un moyen de préserver les libertés des individus sobres. En effet, il est loin d'être agréable d'être "dérangé" par un fêtard au moment où cette intervention est tout sauf requise.
Nonobstant quelques détails dus à mon attitude tatillonne, ces lois ne sont pas faite pour anéantir les gens marginaux mais bien au contraire contre un phénomène sociétaire prenant de l'ampleur, pour l'empêcher de corrompre totalement notre jeunesse (sic).
Tu citais Tocqueville tout à l'heure, il s'agit donc bien ici de tyrannie de la majorité.
Mais cette tyrannie va avec le système qui nous accompagne depuis déjà plus de deux siècles, malgré quelques interruptions, et j'ose affirmer que bien qu'assez restrictif, nous disposons de plus de libertés que les révolutionnaires sous la Terreur, les mineurs au XIXe siècle, les Juifs sous Vichy, ou même les femmes au début de la seconde partie du XXe siècle.
Mais tu as sûrement raison, fumons de l'herbe en profitant de ce qu'il nous reste encore !

 
À 06/06/2008 21:56 , Blogger MaX a dit...

Bien sûr tu dis vrai, et complètement vrai sauf sur les exemple en fait.A vrai dire, j'étais même déçu de pas avoir vu ce commentaire auparavant et je te suis gré de l'avoir si bien exprimé !

Toutefois, je suis quand même pas d'accord. Sur le tabac d'abord, ta complètement juste en ce qui concerne le tabac dans la lieux publiques, en réalité, je pensais plutôt à l'augmentation du prix du tabac.
En ce qui concerne les Happys Hours, je pense que 90% des jeunes qui veulent se faire une before pas chère vont acheter un bouteille dans un super marché et à mon avis c'est là que ce situe le plus gros problème. Encore une fois, je pense que les Happy Hours (qui sont la plupart du temps dirigée vers les bierres...) sont seulement un moyen de convivialité.

Pour finir, je suis complètement d'accord avec toi en ce qui concerne es jeunes il y a un énorme problème à régler. Toutefois, nous sommes tous jeunes, et nous nous rappelons très bien de notre volonté de l'anti-conformisme, de notre volonté d'aller contre les règles imposées par "le monde des adultes". De fait, ce n'est surement pas diabolisé encore plus le sujet qui risque de faire changer les choses. Pour finir sur les Happy Hours, je pense que le plus inquiétant est les jeunes de moins de 16/18 ans qui commencent à boire, et c'est ce phénomène qui est à combattre avec acharnement; or, je ne crois pas que ce sois les jeunes de moins de 16/18 ans qui profitent des Happy Hours, ils préfèrent clairement les supermarchés. Ainsi, la première chose à faire est d'interdire strictement, et surtout de faire appliquer cette interdiction, de vendre de l'alcool aux mineurs ou, au moins, au moins de 16 ans.

En ce qui concerne la nécessite de restriction, bien entendu. Toutefois, le travail à faire n'est pas un travail d'interdiction, mais un travail de responsabilisation qui a été entamé et qui se doit d'être continuer... notamment en ce qui concerne l'alcoolisme ou n'importe quelle drogue au volant.

 
À 12/06/2008 12:04 , Anonymous Anonyme a dit...

http://www.dailymotion.com/relevance/search/arte/video/x5n8o9_arte-docu_fun

elle est dans l exces elle ou pas?!

Apres oui mon max on sais que tu aime les happy hours !

Et ca commence a me casser les couilles toutes ses pubs ac manger/bouger,tant pis pour les gros sils mangent trop sans bouger. jaimerai bien avoir un distributeur ac du coca et des snickers pour la pause du matin quoi !

 

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